Des filles qui aiment des garçons qui aiment des garçons qui aiment des filles, tel pourrait être le sous-titre des « Nuits d’ivresse printanière » de Lou Ye. Une histoire de jalousie, de triangle amoureux, comme il en existe beaucoup dans le cinéma. Oui sauf que là ça se passe en Chine, à Nankin, que le film a dû être tourné dans la quasi clandestinité de peur de se faire arrêter par les autorités chinoises qui ne voyaient sans doute pas d’un très bon oeil cette histoire d’amour entre 2 hommes + une femme. Une histoire forcément complexe, parfois violente, plus dans les images assez crues que dans les propos, les silences y sont nombreux. Jeu impeccable et sobre des acteurs qui n’en rajoutent pas, le plus gros défaut du cinéma asiatique selon moi. Photo sombre et terne, pluie omniprésente, glaciale. On aime ou on déteste mais on ne reste pas insensible. J’ai aimé.