Deux groupes aujourd’hui au programme mais pour une bonne et simple raison, ils sont dirigés par un seule et même homme : Sindri Már Sigfússon. D’un côté on a Seabear, le projet originel, démarré en solo puis trio et désormais composé de 6 ou 7 membres. Deux albums officiels au compteur (le  premier a été enregistré pendant la période solo) dont le dernier, « We Built a Fire« , sorti cette année. D’obédience plutôt pop-folk, la musique de Seabear se caractérise par ses atmosphères boisées. On la compare souvent à du Sufjan Stevens (pour les arrangements de cordes et cuivres notamment) ou à du Beck, pour la petite touche expérimentale. Mais c’est avec son second projet, Sin Fang (ex Sin Fang Bous), que Sindri Már Sigfússon joue à fond la carte expérimentale. Auteur l’an dernier d’un très bon premier album, « Clangour » (dont j’avais parlé ici), qui comporte pas mal de similitudes avec l’univers de Seabear, auquel vient s’ajouter de petits bidouillages électro et une touche pop-psyché.

Sin FangWe Belong [mp3]

Sin FangCatch the Light [mp3]

S’il est un secteur pour lequel l’Islande ne connaît pas la crise, c’est bien celui de la musique. Je ne vous ferais pas l’affront d’énumérer ici la liste des artistes en provenance de l’île volcanique ces dernières années même si autant de talents sur un territoire aussi petit laisse forcément songeur. Songeur comme l’univers onirique dont les groupes islandais aiment à s’entourer, à imprégner leur musique, peut être à cause de leur isolement géographique ou bien du fait d’un paysage propice aux rêves et à l’évasion. Dernier-né de ces farfadets de la pop islandaise, Sin Fang Bous n’est pourtant pas un complet inconnu puisque derrière ce pseudo se cache Sindri Már Sigfússon, tête pensante des excellents Seabear.

De fait, a la première écoute de « Clangour« , on note quelques similitudes entre le projet solo de Sigfússon et celui qui l’avait fait connaître auprès du public indé. Cependant, là où Seabear privilégiait les mélodies boisées, Sin Fang Bous arpente des territoires moins organiques, des sentiers jalonnés de synthés aquatiques, jadis sillonnés par Caribou (Catch the Light), Animal Collective (Lies) et autre Panda Bear (Clangour and Flutes).

En bon Islandais qui se respecte, Sigfússon saupoudre ses mélodies d’une once de féérie grâce à des blips électro, des percussions et des choeurs aériens. Il flotte comme une douce volupté sur cet album, à l’image de la pop psyché de Carry Me Up To Smell Pine ou celle plus printannière de Sunken Ship et We Belong. Album riche et coloré à l’image de sa pochette, « Clangour »  est la confirmation que la créativité islandaise n’est pas que fantasme de journalistes et que l’on peut compter sur Sindri Már Sigfússon pour venir nous le rappeler dans le futur. Le plus souvent possible on l’espère.

Sin Fang BousClangour & Flutes

Lorsque Thomas m’a proposé de l’accompagner à la Black Session de Mercury Rev ce lundi, j’ai immédiatement répondu par l’affirmative, trop heureux de pouvoir assister de visu à l’enregistrement de l’émission de radio qui berçât mon adolescence. Et puis…et puis je me suis rappelé que je devais également assister au concert donné par les groupes islandais Seabear et Borko à la Maroquinerie. Nous avions organisé un concours sur Indiepoprock.net qui permettait à 5 lecteurs, ainsi qu’un chroniqueur, d’assister au concert . Devant le peu d’entrain de mes collègues, je m’étais porté volontaire, quitte à faire une croix sur l’ami Bernard Lenoir…

Arrivé vers 20h, je récupère mon invitation et constate que le concert de Borko n’a toujours pas démarré. La Maroquinerie sonne le creux pour le moment, une cinquantaine de personnes attend, pour la plupart assises, dans la salle. Le barman m’explique que le groupe a du retard et que cela devrait débuter vers 20h30. Effectivement l’imposant Borko et sa bande débarquent au nouvel horaire prévu et s’excusent pour le retard. L’Islandais replet (Björn Kristiansson) nous parle des charmes de Paris en roulant les « r » comme tout bon islandais-parlant-anglais qui se respecte. C’est d’ailleurs marrant de constater que ce n’est heureusement pas le cas lorsqu’ils chantent. La musique de Borko ressemble à celle de leurs compatriotes de Múm ou à du post-rock à la Explosions in The Sky auquel on aurait ajouté une trompette et un chant plaintif. Mention pas mal, notamment pour le titre Dingdong Kingdom qui est selon son géniteur l’histoire de Lionel Richie dans un ascenseur…

[Mp3] Borko Dingdong Kingdom

La joyeuse et hétéroclite troupe de Seabear, emmenée par son leader Sindri Már Sigfússon, prend alors place sur la scène de la Maroquinerie. On constate que le batteur et le trompetiste de Borko sont de nouveau mis à contribution ce qui porte à 7 le nombre de musiciens sur une scène pas extensible. Le set débute par Arms et Cat Piano, 2 titres issus de leur album « The Ghost That Carried us Away« . Bienvenue en Seabear-ie, terre de folk et de pop lo-fi. La salle s’est un peu remplie (une toute petite centaine de personnes) mais les gens ont choisi de rester assis par terre ou sur les marches de la Maroquinerie. Le groupe déroule une dizaine de titres dont les très bons I Sing, I Swim et Seashell. Ce dernier clôt le set dans une montée finale époustouflante sur laquelle le groupe met le public à contribution (chœurs). Après un rappel, nous sommes de nouveau sollicité mais cette fois-ci c’est hors de la salle que ça se passe. Le groupe nous dit qu’il va jouer 2 titres à l’extérieur. Ca sent le concert à emporter cette histoire !!

Effectivement en sortant je croise Chryde qui rejoint le groupe, certainement pour leur expliquer la marche à suivre. Le public joue bien entendu le jeu et tout ce petit monde se retrouve dans la partie bar-restaurant en plein air de la Maroquinerie. Au bout de quelques minutes, on entend le groupe arriver vers nous depuis la rue (?). Ils passent au milieu de nous pour se poster entre les tables et interpréter 2 titres acoustiques dans la grande tradition des concerts à emporter de la Blogothèque. Je ne sais pas trop ce que cela donnera, notamment au niveau du son, mais c’était une belle communion avec le public. J’espère que Bernard Lenoir ne m’en voudra pas…

[Mp3] SeabearLibraries

[Mp3] Seabear Arms

[Vidéo] SeabearI Sing, I Swim

Site Officiel (leur 1er Ep y est dispo en téléchargement gratuit).

Seabear on Myspace.