Un album était soit-disant en préparation, il devait voir le jour en 2010 et faire suite à l’enjoué « Med sud i eyrum vid spilum endalaust« . C’est finalement en solo que l’Islandais Jónsi Þór Birgisson, leader de Sigur Rós, va venir nous chatouiller les oreilles de sa voix de fausset. Son premier album solo s’intitule « Go » et verra le jour le 6 avril prochain. Un premier titre, Boy Lilikoi, est en écoute sur son site mais c’est le single Go Do qui a pour l’instant ma préférence, dans un style primesautier proche des derniers travaux de Jónsi avec Sigur Rós.

Site Officiel.

Une année musicale ne serait pas ce qu’elle est sans quelques grosses têtes d’affiche tirant derrière elles de petits wagons indés prompts à leur prendre la place dans un avenir plus ou moins proche. Comme dans le 7ème art, les « Blockbusters » sont là pour attirer du monde et pourquoi pas les amener à s’intéresser à des choses plus « underground ». Ils sont aussi là pour que certains s’en mettent plein les fouilles, on est bien d’accord. Toujours comme au cinéma, qui dit blockbuster, ne dit pas forcément « gros navet décérébré ». Bon ok,  souvent,  je te l’accorde le jeune mais pas toujours.

Prenons au hasard l’année 2008 (ça tombe bien me direz-vous, c’est le sujet du post), quels sont les « blockbusters » annoncés qui ont fait les choux-gras de nos canards, blogs et autres webzines préférés. Difficile de ne pas parler en premier lieu du « Third » de Portishead, il faut dire que les fans l’attendaient depuis plus d’une génération (11 ans !!). Le trio de Bristol, toujours emmené par Beth Gibbons et Geoff Barrow, a donc finalement créé l’évènement en mettant de nouveau ses tripes(hop) à nues sur les 11 titres de son nouvel opus. J’avoue que contrairement aux précédents, celui-ci m’a plutôt laissé froid, hormis en de rares occasions (Machine GunThe Rip).

Absents depuis un peu moins longtemps (6 ans) mais tout aussi attendus, les Allemands de The Notwist ont également fait l’actualité avec « The Devil, You + Me », le très attendu successeur du superbe « Neon Golden ». Passé la mauvaise première impression, l’album s’est finalement révélé plutôt réussi, rehaussé par une performance live de haute volée à la Route du Rock de St Malo. C’est également par le live que les Islandais de Sigur Rós ont regagné mes faveurs après la relative déception de leur « Med sud i eyrum vid spilum endalaust ». Les Islandais explorent de nouveaux territoires et connaissant leur talent, il y à de fortes chances pour qu’ils fassent de nouveau mouche à l’avenir.

2008 aura donc sonné officiellement le glas de l’hydre texane à 2 têtes, Okkervil River/Shearwater. Jonathan Meiburg et Will Sheff, les 2 songwriters hors pair aux egos devenus trop gros pour cohabiter au sein du même groupe, se sont donc partagés leur progéniture. Okkervil River pour Sheff, Shearwater pour Meiburg. Toujours aussi prolifique, Okkervil River a sorti son 3ème album en 4 ans, recueil de chutes de « The Stage Names » sorti l’an passé. L’album regorge comme toujours de quelques pépites folk (Lost coastlines ; Starry stairs) mais dans le « duel » à distance que ce sont livrés les 2 texans, c’est bel et bien Meiburg qui gagne par 1 K et 2 O. « Rook »  est l’un de plus beaux albums de l’année, il n’y à pas grand-chose à redire à ça…même si je reste affectueusement plus attaché au précédent « Palo Santo », mon album de l’année 2006, qui m’avait fait découvrir le groupe et sa discographie.

Parmi les albums les plus attendus de l’année, « At Mount Zoomer » des géniaux Wolf Parade ne donnait pas sa part au chien, c’est bien là tout le problême. Comment ne serait ce qu’égaler un chef d’œuvre comme « Apologies to The Queen Mary » (mon album de l’année 2005), premier opus des Montréalais n’ayant pas eu la reconnaissance qu’il méritait. La réponse et simple en ce qui me concerne : impossible. Pourtant « At Mount Zoomer » ne manque pas de qualités (Language City ; Call It a Ritual ; Kissing The Beehive…) mais la déception, certes relative, fût au rendez-vous. Puisqu’on est au rayon déception, la palme revient sans hésitation au « Saturdays = Youth » de M83. Antony Gonzalez semble de moins en moins inspiré depuis le départ de Nicolas Fromageau, son compère des débuts au sein du duo antibois. Hormis en de très rares occasions (Graveyard Girl ; Kim and Jessie), le 4ème album de M83 enfonce un peu plus ce groupe dans une junk food pop qui plaît visiblement aux américains mais commence à me laisser sur ma faim.

Chouchou des médias depuis leurs débuts en 2004, les Américains de TV on The Radio ont confirmé que leur renommée était tout sauf un quelconque hasard ou de la « discrimination positive » chère à notre président. « Dear Science » est probablement l’album le plus abordable des New-Yorkais, le plus homogène aussi. Pas de titres à tomber par terre comme avait pu l’être Staring At The Sun et Wolf Like Me en leur temps mais le savoir-faire de Dave Sittek et Tunde Adebimpe atteint une fois de plus sa cible. Prolifiques parmi les prolifiques, Ben Gibbard et Chris Walla, les 2 têtes pensantes de Death Cab for Cutie, ont trouvé un moment dans leur agenda surchargé afin de donner vie à un nouveau rejeton de leur projet majeur. Plus sombre et plus introspectif que ses prédécesseurs, « Narrow Stairs » est une réponse cinglante à ceux qui avaient rangé un peu vite DCFC dans la case « pop commerciale », en témoigne le single I Will Possess Your Heart long de plus de 8 minutes, un vrai casse-tête pour les radios.

A noter également le retour de Weezer qui continue de faire varier le prisme des couleurs avec son « Red Album », l’électro-nerd « Made in the Dark » de Hotchip ou Bloc Party, annonçant à la surprise générale la sortie de leur troisième album, « Intimacy », qui plus est au format numérique, devançant le support physique de quelques semaines.

En cadeau, quelques uns des meilleurs titres de 2008 à télécharger pour ceux qui seraient passés à côté ou seraient partis habiter sur une autre planète en mp3 ou vidéo puisque le fichier archive a été deleté :

  • Wolf Parade – Language City [mp3]
  • Death Cab For Cutie – Cath (live) [vidéo]
  • Hot Chip – Ready For The Floor [mp3] [vidéo]
  • M83 – Kim and Jessie [mp3] [vidéo]
  • Okkervil River – Lost Coastlines [mp3] [vidéo]
  • Portishead – The Rip [mp3] [vidéo]
  • Shearwater – Rooks [vidéo]
  • Sigur Ros – Gobbledigook [mp3] live with Björk [vidéo]
  • The Notwist – Boneless [vidéo]
  • TV on The Radio – DLZ [mp3]
  • Weezer – Pork and Beans [mp3] [vidéo]


Après une journée amputée de sa première moitié (because dodo), direction l’une des multiples crêperies de Saint-Malo intra muros puis la plage et le fort national accessible à marée basse. Un peu de culture ne peut pas nous faire de mal. La visite du fort est sympathique, le point de vue sur la baie est superbe. On zappe les concerts du Palais (Micah P. Hinson que j’aurais bien aimé voir et Bowerbirds) et direction le fort de Saint-Père pour la deuxième soirée de l’édition 2008 de la Route du Rock.

Toujours aussi peu de monde lors du premier concert. Certes, les Américains de No Age ne jouissent pas encore d’une grande réputation dans l’Hexagone mais le duo guitare/batterie est tendance en ce moment dans l’indie-world. Les 2 Californiens signés chez Sub Pop proposent une sorte de noisy lo-fi influencée par Sonic Youth et Husker Dü, pas désagréable (écoutez Eraser ou Teen Creeps) mais un peu répétitive Ils ont beau haranguer le public, l’ambiance reste plutôt feutrée sous le soleil rasant. Changement d’ambiance mais pas de continent avec Why ? et leur hip-hop folk bricolo. Les frères Wolf (Yoni et Josiah) ont eu appeller leur dernier album « Alopecia« , leur système pileux est toujours plus proche de loup-garou que du petit chanteur à la croix de bois. On pense bien évidemment à Beck pour le mélange des genres mais ma préférence va désormais vers le trio d’Oakland, auteur d’une belle prestation devant une assistance de plus en plus nombreuse.

Il est 22h quand la première des 2 têtes d’affiche de la soirée entre en scène. Les Allemands de The Notwist ont effectué il y a peu un retour remarqué avec leur nouvel album « The Devil, You + Me« , 6 ans après le remarqué et remarquable « Neon Golden« . Je redoutais un peu que leur concert ne plombe l’ambiance, que leur electronica-ambiant qui passe très bien sur CD ne soit pas adaptée aux exigences d’un festival en plein air. Reine du contre-pied, la bande à Markus Acher a pris tout le monde au dépourvu en proposant un set énergique et rock, proche des débuts punk et métal du groupe. Beaucoup de titres de « Neon Golden » dont les excellents Pilot, Consequence et Pick Up the Phone.

L’une des principales caractéristiques de la Route Du Rock est la taille humaine de ce festival (environ 5000 personnes par soir) et donc la possibilité de bien voir les artistes. Après la performance de Notwist, je décide de ne pas partir me désaltérer au bar (oui c’est fou ce qu’on se déshydrate en Bretagne au mois d’août par 12°C) mais de me placer dans les premiers rangs pour le prochain concert. Les Islandais de Sigur Rós font en effet partie de mes artistes préférés depuis quelques années, ce malgré un dernier album en retrait par rapport à ses prédécesseurs. J’ai eu la chance de les voir cette année à Arras et je me faisais une joie de remettre ça au fort de Saint-Père. La set-list n’a pas beaucoup variée (Ny Batteri et Festival font leur apparition) et la magie a opérée de la même façon dès les premières notes de Svefn-g-englar. La prinicipale évolution constatée sur cette tournée est le côté festif que le groupe cherche à donner à certains titres du dernier album (Gobbledigook et Við spilum endalaust notamment). On est loin du groupe qui jouait ses premiers titres derrière un rideau. En 2008, Sigur Rós a des plumes de faisan dans les cheveux, une section cuivre tout habilléé de blanc façon Orange Mécanique, des canons à neige qui lancent des confettis dans la foule, des ballons géants sur la scène…et vous savez quoi, ben c’est aussi bien voire mieux qu’avant. Tant que Jón Þór Birgisson continuera de chanter en hopelandais et de jouer de la guitare avec un archet, on aura pas de souci à se faire. Ah oui j’oubliais, Hoppipolla et Popplagið m’ont une fois de plus donné des frissons en concert. Certains, dont je fais partie, vous diront que nous avons assisté là au meilleur concert de la Route du rock 2008, d’autres continueront de trouver les Islandais prétentieux et un peu chiants. La vérité est sans doute entre les 2.

J’avoue avoir trés peu écouté les 2 derniers groupes chargés de clôturer la soirée, Pivot tout d’abord puis les Bordelais d’Adam Kesher. J’ai trouvé le math-rock des Australiens un peu chaint au début puis intéressant sur la fin, ça ressemblait un peu à Caribou. Par contre les Adam Kesher ont décidément vraiment des têtes à claques et un cigare long comme le brasz et c’est malheureusement pas près de s’arranger si j’en juge par une discussion volée entre le chanteur et des amis au bar VIP…

Une belle soirée au final grâce aux 2 têtes d’affiche qui ont parfaitement rempli leurs « obligations » et l’objectif de l’organisation. On ne le sait pas encore mais l’édition 2008 est déjà un succès.