Vendredi, départ matinal en bus pour Kuala Tembeling. Environ 3h dans un bus climatisé, où l’on a pu finir notre nuit. En début d’après-midi, trajet de 3h en pirogue sur la rivière Tembeling pour rejoindre Kuala Tahan où nous nous trouvons depuis.

Kuala Tahan est la porte d’entrée vers le parc de Taman Negara, le plus grand parc de Malaisie continentale, véritable poumon vert d’un pays pourtant bien recouvert de verdure (agriculture intensive notamment avec les plantations de palmiers qui ont malheureusement tendance à supplanter la forêt). Le trajet en pirogue est très sympa, à peine perturbé par  le vol d’un calao ou par un troupeau de buffles faisant ses abblutions dans la rivière….

On n’a pas réservé de chambre mais ce n’est pas encore la haute saison et ce n’est pas très compliqué de trouver une chambre au dernier moment. Après un refus on se dirige vers une autre guest-house et l’on est alpagué par un Malais qui nous propose un prix défiant toute concurrence (60 Rm soit environ 12€) pour une chambre double dans la guest-house qu’il vient d’ouvrir.  La chambre est nickel, avec douche et toilettes incluses, on la prend sans hésiter. Le proprio est très sympa et nous fait la causette dans un bon anglais, une constante depuis que l’on est arrivé.

Il est trop tard pour faire une excursion mais on fait un tour au centre d’information qui se trouve de l’autre côté de la rivière. Pour traverser, pas de pont mais un service de « bateau-taxi » que l’on hèle quand nécessaire. Le soir, repas tranquille dans un des nombreux restaus flottants.

Samedi, on fait une grasse mat’  jusqu’à…8h, soit 2h après que tous les coqs du village aient rivalisé de vocalises pour nous réveiller. On choisit de ne pas prendre un tour organisé mais de faire une rando par nous mêmes. Celle menant à la Canopy walkway (des ponts de singes au niveau de la cime des arbres, soit environ 40m du sol) étant victime de son succès, on se rabat sur un autre trek plus difficile et plus long (6km) mais bizarrement moins courru !

Le chemin est plutôt bien balisé au début et assez facile. Le principal obstacle vient en fait des sangsues, pas encore très nombreuses à cette époque, mais suffisament pour que l’on soit sans cesse en train de guetter si l’une d’elles n’est pas en train de vous faire un don du sang non autorisé. Le grand gagnant au jeu de « Qui aura le plus de sangsues sur lui pendant la journée ? », c’est encore moi ! Il faut dire que je remettais mon titre en jeu, que j’avais acquis de haute lutte en Thaïlande en 2008.

Malgré les grosses chaussettes en laine par dessus le pantalon (le charme à la française) et les quelques unes que j’ai réussi à virer de mon pantalon avant qu’elle trouve un bout de bidoche auquel se raccrocher, j’ai réussi à me faire bouffer par une de ces saloperies. Il semble que je les attire. Seb a lui plus de succès avec les insectes volants, qui tournent constamment autour de lui alors que moi j’attire les rampants. On fait une fine équipe, je pense que je gagne au change…La fin du trek est ardue, 800 derniers mètres de montée d’une pente sévère dans un escalier naturel de racines. Onest bien souvent obligés de s’aider des cordes qui sont tendues sur le côté. J’en chie un peu, d’autant qu’on ne peut pas s’arrêter sous peine de servir de 4h aux sangsues qui n’attendent que ça…

On finit par arriver en haut de Bukkit Terresek puis on redescend vers le Canopy Walkway qui est désert à cette heure là. Il ne faut pas avoir le vertige car les ponts de singes sont très étroits et bougent beaucoup quand on passe dessus mais cela se fait sans problême. En revenant vers l’entrée du parc, on a la chance de tomber sur une colonie de macaques, dont beaucoup de tout petits.

A l’instant où j’écris ces lignes, on revient d’une ballade nocturne dans la jungle où l’on a pu voir tout un tas de bestioles sympas qui se cachent pendant la journée : serpent, araignées grosses comme le poing, scorpion, fourmis géantes…et un daim !

Demain changement de programme, on devait faire un trek dans la jungle jusqu’à des cascades puis partir le soir en bus puis en train jusqu’à Singapour mais devant la difficulté de la tâche (poireauter 12H à la gare) on a choisit de partir en bus jusqu’aux Cameron Highlands pour voir les plantations de thé.