On vous l’a suffisamment rabâché, le shoegazing a la fièvre « revival » ces temps-ci chez nos amis anglo-saxons. Parmi les derniers fossoyeurs de ce genre abscons, on retrouve The Big Pink, duo londonien composé de Robbie Furze et Milo Cordell signé sur l’éminent label américain 4AD. The Big Pink se trimbale donc une grosse réputation et une forte pression sur les épaules avant même d’avoir sorti son premier album. La faute à quelques single ravageurs (Dominos et Velvet), toujours prompts à rendre dithyrambique la presse musicale britonne. L’obstacle du premier album est le test idéal pour voir ce que The Big Pink a dans la ventre.

Il baigne dans « A Brief History of Love » comme un parfum de romantisme à l’anglaise, jusque dans son titre évocateur et son artwork digne des plus belles heures du label US. Du romantisme certes, mais recouvert d’une épaisse couche de guitares saturées d’effets (Too Young To Love ; Velvet ; A Brief History of Love) dans la grande tradition du mouvement shoegaze, qui laisse une part grandissante au chant des 2 acolytes, contrairement au rôle mineur que celui-ci à l’habitude de jouer chez les véritables shoegazers. Moins pop que leurs compères de The Pains Of Being Pure At Heart, The Big Pink lorgne plutôt du côté des frères Reid (The Jesus & Mary Chain) en mariant allègrement murs de guitares et chant éthéré (Crystal Visions ; Dominos).

« A Brief History of Love », malgré toutes ses qualités et ses singles imparables, laisse cependant une impression bizarre d’un album un peu bancal. Le déséquilibre qualitatif entre la première partie de l’album (jusqu’à Velvet et ce malgré un Love in Vain assez mièvre) et le reste est ahurissant. Seuls A Brief History of Love, le morceau-titre, et Count Backwards From Ten parviennent à nager au dessus des remous électro d’un Golden Pendulum, d’un Frisk ou pire encore de Tonight. Sentiment mitigé donc à l’écoute des 11 titres de ce que l’on a peut être trop vite présenté comme l’une des révélations de l’année Deux ou trois singles, aussi bons soient ils, ne dispensent pas de soigner le reste des compositions. Un adage valable pour The Big Pink et malheureusement pour bon nombre de groupes étiquetés « next-big-thing ».

Cette chronique a été écrite pour Indiepoprock.

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The Big Pink on Myspace.

Avec The Big Pink, c’est une partie de mon adolescence qui refait surface. Le shoegazing n’était pas un terme barbare mais le courant musical qui faisait jaser dans les rédactions de presse. On s’enthousiasmait pour les sorties du label anglais 4AD (Pixies, Cocteau Twins, This Mortal Coil…) et pour les superbes pochettes signées Vaughan Oliver. Pour moi l’artwork d’un CD doit donner envie et ça 4AD l’avait très bien compris, faisant de leurs albums de véritables petites œuvres d’art. Pratiquement 20 ans plus tard, le label anglais n’est plus la référence en la matière, il a été racheté par Beggars, mais il reste une valeur sûre du marché (TV on The Radio, Bon Iver, Blonde Redhead…). Leur dernière trouvaille se nomme The Big Pink, un duo londonien qui dépoussière le shoegazing (le revival du moment) mais pas que. Ils y ajoutent une pincée d’électro et un chant vaporeux pour un résultat qui fait penser à un mélange entre le Velvet Underground et The Jesus & Mary Chain, un Black Rebel Motorcycle Club bis en moins rock. Leur premier album, « A Brief History of Love« , sortira en septembre, avec un superbe artwork digne de la grande époque 4AD. Le premier single, Velvet, tourne en boucle depuis un petit moment déjà sur ma platine. Produit par Alan Moulder, il combine l’eau et le feu, chant éthéré et guitares saturées, l’un des singles de l’année et l’une des plus belles vidéos également.

Pour les curieux, voir également la vidéo de leur concert au Point Ephémère en avril dernier sur Grandcrew.