Comme tous les ans depuis que je gribouille sur ce blog, je me suis prêté de bon gré à l’exercice futile mais agréable du top albums de l’année. Une année 2010 que je classerai dans les années moyennes, avec beaucoup de bons albums mais peu que j’écouterais encore dans 10 ans. Je n’ai pas la prétention d’avoir écouté tout ce qui est sorti en 2010, je vous livre seulement les 40 albums que j’ai le plus apprécié, en espérant pourquoi pas vous donner envie d’en écouter, et surtout acheter, quelques uns.

#40

Jenny & Johnny – I’m Having Fun Now


L’album en écoute sur Spotify.


#39

The Tallest Man on Earth – The Wild Hunt


L’album en écoute sur Spotify.


#38

The Coral – Butterfly House


L’album en écoute sur Spotify.

#37

Crystal Castles – s/t (II)


L’album en écoute sur Spotify.


#36

Maximum Balloon – s/t


L’album en écoute sur Spotify.


#35

Xiu Xiu – Dear God, I Hate Myself


L’album en écoute sur Spotify.

#34

Wavves – King of The Beach


L’album en écoute sur Spotify.

#33

Karaocake – Rows & Stitches


L’album en écoute sur Spotify.

#32

Villagers – Becoming a Jackal


L’album en écoute sur Spotify.

#31

No Age – Everything in Between


L’album en écoute sur le site de Sub Pop.

Cliquez sur les images pour écouter les titres associés.

1) The Tallest Man on Earth aka Kristian Matsson revient avec un EP qui tente de casser un peu son image de Bob Dylan du pauvre. La preuve avec le titre The Dreamer interprété une fois n’est pas coutume à la guitare électrique

2) Owen Pallett y va aussi de son EP post-album, apparemment c’est de saison et on ne va pas s’en plaindre. En écoute le titre A Man With no Ankles, dans la lignée de ce que nous propose le Canadien depuis ses débuts sous le nom de Final Fantasy

3) Le duo canadien Japandroïds n’en finit plus de cracher son venin garage. Après la compile « No Singles » regroupant les premiers EP du groupe, le duo a entrepris de sortir 5 singles en édition limitée. Faisant suite aux excellents Art Czars et Younger Us, voici en écoute Heavenward Grand Prix

4) On continue dans les duos avec les Californiens de Crocodiles, aussi connus pour avoir été le premier backing band des Dum Dum Girls. Brandon Welchez est en effet le mari de Dee Dee, la chanteuse des DDG. Leur musique doit à peu près tout à Jesus & Mary Chain (pour l’originalité on repassera) mais tout comme les Black Rebel Motorcycle Club ils perpétuent l’esprit avec talent. En écoute le titre Sleep Forever

5) Gold Panda n’aura certainement pas la palme d’or du pseudo le plus élégant mais l’électro foutraque de ce jeune anglais pourrait bien décrocher la timbale si l’on en juge par la qualité de You, son tube électrorientisant

6) Un peu de folk pour finir en douceur avec Leif Vollebekk, songwriter québecois dont l’univers évoque à la fois Nick Drake,  Jeff Buckley ou Patrick watson. On a connu comparaisons moins flatteuse. En écoute le superbe In the Morning.

Il avait été l’un de mes coups de cœur de 2008 avec son premier album « Shallow Grave« , qui avait connu un joli succès, sauf en France, qui l’ignorait purement et simplement. La Blogotheque lui avait fait les honneurs d’un concert à emporter en 2009, pas suffisant toutefois pour voir son album dans les bacs. Qu’à cela ne tienne, « The Wild Hunt« , le second album de The Tallest Man on Earth verra le jour le 13 avril et cette fois-ci j’espère bien que la France ne le boudera pas. Premier titre extrait de son nouvel album, le superbe King of Spain, que j’avais eu l’occasion d’entendre en live l’an dernier au festival Primavera. A noter qu’il sera en concert sur la scène du Scopitone le 10 mars prochain.

Page Myspace.

The Tallest Man on EarthKing of Spain [Mp3]

Les premiers concerts intéressants, en ce qui me concerne, ne commençant pas avant 20h45, je passe mon après-midi dans les Ramblas et notamment la rue des disquaires. J’arrive ensuite au bout de la Rambla, au pied de la statue de Colomb, l’index tendu en direction de ses Amériques. La foule commence à affluer de partout, maillot du Barça sur le dos, pour fêter les héros de la veille, leurs Christophe Colomb à eux qui s’appellent Samuel Eto’o, Lionel Messi ou Andres Iniesta. Petite ballade dans le port puis retour à l’auberge de jeunesse et direction le Parc del Forum.

Le site est superbe, adossé à la mer. 5 scènes pas trop éloignées les unes des autres, un coin restauration avec des tables, des buvettes et toilettes un peu partout, une organisation presque sans failles. Direction la scène Pitchfork pour le set de The Tallest Man on Earth dont je vous avais parlé ici. Le célèbre site musical US a donc une scène à son nom sur laquelle vont défiler pendant 3 jours de jeunes pousses (pour la plupart) indie du monde entier, enfin si l’on réduit le monde aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Kristian Matsson est un des rares non-représentants anglo-saxons puisqu’il est Suédois. Seul sur scène avec sa guitare, il subjugue un auditoire encore maigre mais connaisseur. Mention spéciale à Where Do My Bluebirds Fly, l’une des plus belles pépites de son premier album, « Shallow Grave« . Direction la plus grande scène du festival, la scène Estrella Damm du nom d’une célèbre bière locale, preuve que la guerre économique fait rage entre les festivals et notamment en Espagne avec également le Festival de Benicassim sponsorisé lui par…Heineken. Le droit d’aînesse a repoussé les jeunes pousses sur les scène annexes et laisse la place libre pendant ces 3 jours aux vieilles gloires. C’est le cas de Yo La Tengo, 25 années au compteur avec ses hauts et ses bas, qui reçoit un bel accueil du public espagnol, pas insensible à la pop du trio américain et certainement un peu au nom hispanique choisi par le groupe. Le premier titre est un déluge sonique de plus de 10 minutes que l’on a également l’habitude d’entendre chez Sonic Youth ou My Bloody Valentine, autres glorieux anciens au line-up du festival. Le groupe a toujours cultivé l’ambivalence entre son amour pour les ballades pop et les titres plus noisy. Le set fait ainsi la part belle aux multiples facettes d’un groupe qui a d’ores et déjà marqué de son empreinte l’histoire de la musique indé.

Retour sur la scène Pitchfork pour voir la fin du set de Bowerbirds et notamment l’excellente In Our Talons, dont les « tititi tititi titititi » sont repris en chœur par les festivaliers. Seul groupe français à avoir les honneurs de la programmation, Phoenix est l’une des têtes d’affiche de cette première soirée. Les Versaillais se produisent sur la scène Rockdelux, la deuxième plus grande du festival, adossée à la mer et qui a des airs d’arênes romaines avec ses gradins en pierre. Lisztomania enflamme le public dès les premières notes. Le groupe fait la part belle aux titres de leur nouvel album « Wolfgang Amadeus Phoenix« , sans oublier les tubes plus anciens de leur répertoire et notamment ceux de leur premier album « United » (TooYoung ; If I Ever Feel Better et Funky Squaredance). Love Like a Sunset, placé en milieu de set, marque une respiration bienvenue pour Thomas Mars qui laisse ses compères s’ échiner sur leurs instruments avant de reprendre le flambeau sur la fin du morceau. Comme lors de leur récent et excellent concert parisien, c’est avec Rome que les Versaillais clôturent un set une nouvelle fois irréprochable. Il est minuit passé de 20 minutes sur Barcelone et l’évènement de la soirée est annoncée sur la grande scène, le concert de My Bloody Valentine. Si certains ont eu la possibilité de voir l’emblématique groupe anglais des 90’s l’an passé lors de leur tournée de reformation, nombreux sont ceux qui rêvent de voir en chair et en os Kevin Shields et sa bande. Malheureusement MBV n’a jamais été réputé pour être un groupe de scène. La faute à un Kevin Shields, sourd comme un pot, qui ne tolère pas que son groupe ne puisse jouer le plus fort possible, ce qui entraîne souvent certains problèmes avec les salles de concert (le Zénith l’an passé). Le festival ayant lieu en plein air, Shields a décidé de jouer encore plus fort que d’habitude !! Impossible de tenir à moins de 50m de la scène sans boules quiès. Ce déluge sonore se fait évidemment au détriment des voix que l’on entend à peine (« Ah bon ils chantent ? »). Reste le plaisir d’entendre ces titres intemporels que sont When You Sleep ou  I Only Said, même noyés sous une bouillie sonore.

On quitte le set de MBV pour la scène Pitchfork où les jeunôts Ponytail électrisent ceux qui n’ont pas supporter le déluge sonore de la grande scène. Si le volume est ici moindre, l’intensité est elle bien plus élevée. Expérimental et noisy, le son de Ponytail est un croisement entre Deerhoof et Sonic Youth. Pas toujours très accessible mais diablement efficace sur scène. Il est près de 2h du mat’ et les anglais de The Horrors font leur entrée sur la scène Ray-Ban Vice. Le début du set est marqué par de nombreux problêmes techniques qui ont l’air d’agacer au plus haut point Faris Badwan, le chanteur de The Horrors. La fatigue fait son apparition et je décide donc d’en rester là pour cette première journée bien chargée.