En ce lundi 19 Février 2007 la Maroquinerie accueillait Fyfe Dangerfield et ses Guillemots pour une soirée placée sous le signe de la pop psyché. J’arrive trop tard pour assister à la 1ère partie (Marie Modiano), me faufile au milieu de l’assistance particulièrement nombreuse et constate que la scène est envahie d’instruments et d’objets hétéroclites. Une vieille chaise en bois face à une nuée de synthés servira de siège à Fyfe, un couvercle de poubelle et une grosse cloche feront vraisemblablement office de percus et je laisse votre imagination faire le reste pour la machine à écrire et les perceuses.  On allait enfin savoir si leur nomination aux Brit Awards dans la catégorie « Meilleur groupe live » était oui ou non justifiée.

Les 6 membres du groupe font leur entrée sur scène, certains ont fait un effort vestimentaire : Fyfe arbore un costume rayé tendance Beetlejuice et Aristazabal Hawkes (la contrebassiste) une superbe robe noire. Derrière ses imposants synthés, Dangerfield ressemble au Phantom of the Paradise de De Palma. Le début du set laisse la place aux grandes envolées symphoniques avec l’envoûtant Come away with me enchainé comme sur leur premier album avec Through the Window Pane. Aprés l’entraînant Go Away c’est à l’une des plus belles chansons pop de l’an passé que nous avons droit avec Made Up Love song #43. Entre le rythme sud-américain et les envolées lyriques de Dangerfield, on y retrouve tout ce qui fait le charme et l’originalité de ce groupe.

Le groupe fait honneur à sa réputation d’anti-conformistes et prend plaisir pas à jouer les titres dans des versions inédites. Fyfe Dangerfield joue les Mr Loyal entre les morceaux dans un français respectable. Il n’hésite pas à plaisanter avec le public comme lors de l’annonce de l’inédit Big Dog qu’il gratifie de quelques samples « sexy ». Annie Let’s not Wait, autre titre phare du groupe, nous replonge dans la pop psyché et les rythmes chauds que l’on ne quitte qu’avec We’re Here sur lequel Fyfe reste seul sur scène à la guitare. Le reste du groupe refait son apparition pour le lyrique Redwings sur lequel les cuivres font merveille et le trés attendu Trains To Brazil. Mc Lord Magrao le guitariste brésilien se démène comme un beau diable, le saxophoniste italien remplaçant l’habituel titulaire fait mieux que de la figuration et la canadienne Aristazabal Hawkes dompte avec vigueur et sensualité sa contrebasse. Le melting pot des Guillemots envoie la Maroquinerie en orbite, atterrissage prévue à Sao Paulo pour un dernier titre foutraque sur lesquels la présence d’objets hétéroclites sur scène prend tout son sens.

Le groupe quitte la scène aprés quasiment 2h d’un set intense avant que Fyfe Dangerfield ne décide de revenir seul une nouvelle fois pour gratifier le public d’un ultime titre au mini-clavier (Blue Would Still Be Blue). S’ils n’ont pas remporté le fameux Brit Award, leur réputation n’est défitivement pas usurpée.

Guillemots – Made Up Love Song #43 (concert à emporter)

GuillemotsTrains To Brazil (Mercury Prize Awards)

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