novembre 2010


L’annonce du septième album de Trembling Blue Stars aurait dû nous remplir de joie, si elle n’avait été accompagnée d’une laconique mention nous prévenant que ce serait le dernier album du groupe de Robert Wratten. « Fast Trains and Telegraph Wires » sera donc le chant du cygne d’un groupe qui n’aura malheureusement jamais connu le succès qui aurait dû être le sien. Bâti sur les cendres des groupes The Field Mice/Northern Picture Library et sur la fin de sa relation avec Annemari Davies par un Robert Wratten un peu dépressif, Trembling Blue Stars a traversé les années 90 et 2000 en ne déviant pas de sa trajectoire pop mélancolique.

Sur ce septième et donc dernier album, Robert Wratten s’est entouré de ses fidèles collaborateurs : Beth Arzy, Keris Howard, le fidèle parmi les fidèles Iann Catt et son ex-compagne Annemari Davies, présente sur deux titres, auxquels on peut ajouter la chanteuse du groupe 80’s MIAOW, Cath Caroll, sur The Imperfection of Memory. Une manière pour Wratten de rendre hommage à cet entourage fidèle qui le suit pour certains depuis la fin des 80’s et l’éPOPée The Field Mice.

La page Trembling Blue Stars se referme donc avec les 11 titres de « Fast Trains and Telegraph Wires », auxquels viennent s’ajouter les 7 autres de l’EP « Cicely Tonight Volume One ». L’atmosphère y est moins sombre que sur le précédent et néanmoins excellent « The Last Holy Writer », comme si Robert Wratten paraissait désormais apaisé au moment de tourner la page. La mélancolie n’est pourtant jamais très loin chez Trembling Blue Stars, c’est d’ailleurs elle que l’on voit sourdre derrière les meilleurs titres (In Arrivals ; Frosting ; The Dark World of The Broken). Si le fantôme de The Cure semblait flotter sur les précédents travaux des Londoniens, c’est désormais celui de New Order époque « Get Ready » qui apparaît au détour de certains titres (My Face For The World To See). Guitares acoustiques, une pointe d’électro chère à Iann Catt (St Etienne), et le mix vocal entre la voix chaude de Robert Wratten et les chœurs féminins et le tour est joué.

Les 7 titres de l’EP « Cicely Tonight Volume One » proposent une vision plus expérimentale de la musique de Robert Wratten, à l’image de instrumentaux Radioactive Decay et Outside. Comme un clin d’oeil à ces 15 années de songwriting au sein de Trembling Blue Stars, Wratten conclut par un approprié No More Sad Songs, catchy à souhait, qui nous fera encore plus regretter la fin de cette belle et mélancolique aventure.

L’album en écoute sur Spotify.

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Difficile de trouver des infos sur Beta Radio sur la toile, pourtant Ben Mabry et Brent Holloman n’ont pas particulièrement la tête de perdreaux de l’année. Les deux comparses se sont rencontrés il y a plus de 10 ans de cela et ont commencé à jouer ensemble, d’abord pour eux puis pour les amis. Le duo a pris son temps pour peaufiner ses morceaux, trouver son style et vient seulement de sortir son premier album, autoproduit, intitulé « Seven Sisters« .

On a ici à faire à un album folk de facture assez classique mais ne dit-on pas que les plus belles choses sont souvent les plus simples ? Beta Radio est là pour le confirmer avec ses mélodies basées sur quelques accords de guitare folk, un banjo, une trompette et une paire de balais pour la batterie, rien que du classique mais diablement efficace quand on sait y faire. Ce savoir-faire se nomme ici Darden Road ; Where Losers Do ; Either Way ou plus encore Brother, Sister, le morceau qui vaut à lui seul l’intérêt que vous devez porter à cet album.

L’album est disponible en écoute en streaming ou sur Spotify.

J’étais passé à côté de leur premier album, « The Snow Magic » en 2008, mais la sortie en début d’année de l’EP « Bright Bright Bright » avait éveillé ma curiosité. Il contenait notamment le superbe Something For Myself, magnifique ballade au piano interprétée par Nona Marie Invie, appuyée par une batterie discrète et un duo contrebasse/accordéon. Dark Dark Dark navigue en effet au confluent de diverses influences (folk, jazz, americana, musique des Balkans), rien d’étonnant pour un groupe disséminé aux 4 coins des Etats-Unis (New-York, Nouvelle-Orléans, Minneapolis…).

On retrouve avec plaisir Something For Myself sur leur nouvel album, « Wild Go« , c’est d’ailleurs le seul rescapé de l’EP. Pour autant, les 10 titres qui composent l’album sont dans la continuité de « Bright Bright Bright » et s’ éloignent un peu de l’americana de « The Snow Magic« , que j’ai écouté depuis. En effet, sur le premier album de Dark Dark Dark, le chant était majoritairement dévolu à Marshall LaCount et les mélodies tournaient autour de son banjo, tandis que Nona Marie Invie était chargée des choeurs en arrière-plan. Pour tout vous dire je préfère de loin la formule actuelle, recentrée autour du piano et de la voix chaude de Nona Marie Invie. Ajoutez à cela, clarinette, banjo, accordéon et vous obtenez un album tour à tour mélancolique (Daydreaming ; Robert) et sautillant (In Your Dreams ; Celebrate), un album que l’on prend plaisir à écouter, seul ou à deux, lovés sous la couette. L’une des très belles surprises de cette année 2010.

Chronique écrite pour Indiepoprock.

L’album en écoute sur Spotify.